« Résolument tournés vers l’avenir »

Si les « jeunes pousses » d’OPEN ont dû renoncer à leur stage professionnel en avril, celles du Bachelor ont elles-mêmes dû faire face au défi du confinement. Le point avec André Dumont, responsable pédagogique du D.U (Bac + 3) Conduite de Projet Humanitaire, et Sophie Dumont, formatrice en deuxième année de Bachelor.

Fin janvier, les étudiants de la 3e année du Bachelor de l’IFF Europe (Conduite de Projet Humanitaire – CPH) sont partis en stage solidaire. Ces stages devaient se terminer le 27 mars. A cause de la pandémie de coronavirus, la plupart ont dû les écourter. De quoi frustrer les étudiants et obliger le staff pédagogique à changer son fusil d’épaule. « Ces frustrations viennent surtout de deux choses, souligne André Dumont, responsable pédagogique : certains sont partis sans pouvoir dire au revoir à leur structure d’accueil ; la seconde chose, plus gênante pour la formation, est le fait que beaucoup n’ont pas eu le temps de mener les entretiens en vue de leur mémoire de fin d’année ». Qu’à cela ne tienne, l’équipe pédagogique de CPH a fait preuve de pragmatisme et adapté le dispositif habituel de préparation des mémoires à la situation de confinement : les séminaires de préparation de ces soutenance de mémoires se sont faits… en visio-conférence. « Le fait de travailler en plus petit  groupe s’est révélé au moins aussi « performant » que ce que nous faisions en temps normal, assure André Dumont. Les étudiants se sont sentis pris en compte et vraiment stimulés ». Quant au projet de solidarité qui devait permettre aux étudiants de partir en mission internationale au mois de juin et qui était préparé depuis le début de l’année, il a dû être annulé.  « Certains étudiants ont très vite rebondi en demandant aux associations françaises qui les avaient déjà accueillis la possibilité d’accueillir un groupe, commente André Dumont. D’autres ont eu des difficultés à faire ce deuil et à se relancer sur autre chose ». Au final plusieurs nouveaux projets sont en cours et un groupe va travailler sur le pilotage des associations de solidarité en temps de crise. En attendant, les cours habituels (notamment de philosophie « Penser ma vie face à la violence ») sont maintenus par visio-conférence.

Les deuxièmes années du Bachelor (Animateur de Projets Solidaires – APS) étaient de leur côté en stage depuis début janvier. Certains à l’autre bout du monde, d’autres, en France. Tous étaient censés ne rentrer que mi-juin. La pandémie de Codiv-19 est venue perturber cela. « Le confinement n’a pas mis fin aux stages et les situations sont diverses chez nos étudiants », explique Sophie Dumont, formatrice. Certains étudiants poursuivent leurs missions sur de terrain, c’est le cas de deux étudiants actuellement en stage à l’Arche ou une autre en stage dans une structure de secourisme. D’autres poursuivent en télétravail en continuant ou en adaptant leurs missions. D’autres, enfin, cherchent à s’investir auprès d’associations solidaires telles que les Restos du cœur, le Secours Populaire ou en proposant du soutien scolaire. « Nous cherchons à ce que tous puissent continuer à être actifs », déclare Sophie Dumont. Pour une majorité d’étudiants, la crise sanitaire et le confinement les a coupés dans leur élan, à mi-parcours de leur expérience de six mois. « Il y a de la déception, commente notre interlocutrice, mais cette période est aussi propice à une prise de recul sur leurs premiers mois de stage, ainsi qu’une occasion de se mettre à jour dans le travail demandé par la formation (des rendus mensuels d’observation et de compétence, travail de lecture d’ouvrage). » Désormais « résolument tournés vers l’avenir », les formateurs de la deuxième année du Bachelor s’activent pour aider chacun à tirer le plus de bénéfices de cette expérience, aussi inédite soit elle, et à assurer le plus sereinement possible cette dernière partie de l’année. Par ailleurs, outre le suivi continu de chaque étudiant, le séminaire de mi-parcours a pu se tenir fin mars en visio-conférence pour faire le point avec chacun et de se mobiliser pour la suite de l’année.

Le confinement est donc un défi tant pour les formateurs que les étudiants. Mais tous ont à cœur de le relever, faisant contre mauvaise fortune bon cœur.

« Résolument tournés vers lavenir »

Les étudiants du D.U Conduite de Projet Humanitaire pendant leur voyage d’étude à Genève (novembre 2019)