« Montrer aux jeunes qu’il est possible, à leur échelle, de vivre et faire vivre les valeurs d’un monde respectueux de l’Homme en entreprise »

Du 22 au 26 juin, les étudiants du programme Tremplin ont suivi une semaine de formation à la création d’entreprise. Entre approche théorique et mise en situation pratique, leur formateur, Matthias SCHULER,  leur a concocté une session intensive. Rencontre avec ce chef d’entreprise helvète. 

Vous intervenez une semaine auprès des

« Montrer aux jeunes qu’il est possible, leur échelle, vivre faire vivre les valeurs d’un monde respectueux l’Homme entreprise »
Mattthias Schuler, formateur de la session création d’entreprise.

étudiants du Parcours Tremplin de l’IFF Europe sur le thème de la création d’entreprise : pourquoi ?

Matthias SCHULER : J’ai eu le privilège de passer une année au CIRFA (l’ancienne dénomination de l’IFF Europe jusqu’en 2009, NDLR). J’ai été alors particulièrement marqué par des personnalités comme Pierre Carrigue ou François de Laage qui s’impliquaient pour nous offrir de leur précieux temps malgré  des agendas surchargés. Leurs témoignages auront été des moments particulièrement marquants pour moi.

Vous cherchez donc à transmettre ce que vous avez reçu… ?

Oui, c’est ça. Je souhaite offrir un peu de mon temps  pour redonner un peu de toutes les richesses qui m’ont été offertes. C’est important de pouvoir montrer aux jeunes qu’il est possible, à leur échelle, de vivre et faire vivre les valeurs d’un monde respectueux de l’Homme quand bien même l’entreprise, aujourd’hui, ne se préoccupe que trop peu de ce point essentiel. Ce sont des valeurs qui me relient à l’IFF Europe.

« Partager une vision humaniste intégrée à l’exigence économique indispensable à toute organisation entrepreneuriale »

En quoi êtes-vous bien placé pour parler de l’entreprenariat ?

Je travaille depuis plus de 30 ans. J’ai gravi successivement les échelons en tant que cadre, cadre supérieur et enfin comme chef d’entreprise. J’ai également suivi une formation m’ayant amené à une double certification e-MBA en gestion d’entreprise. D’autre part, j’enseigne la stratégie d’entreprise, le management, la conduite de collaborateurs ainsi que des éléments de Ressources Humaines dans différentes écoles privées en Suisse. Cette pratique et cette approche théorique m’ont conduit ainsi à partager une vision humaniste intégrée à l’exigence économique indispensable à toute organisation entrepreneuriale.

Comment est organisée la session « Création d’entreprise » ?

La session est construite sur le principe suivant : partir d’une idée personnelle pour créer une entreprise en groupe. Tout au long de la semaine, des éléments théoriques nécessaires pour développer la création d’une entreprise sont présentés. Les étudiants définissent leur projet et l’élaborent en y intégrant les différents apports théoriques reçus. Pour la fin de la semaine, les groupes doivent remettre un dossier complet et préparer une présentation destinée  à un jury de « banquiers » afin de soutenir leur demande de crédit. Le dernier après-midi est consacré aux retours des banquiers ainsi qu’au bilan de la semaine tant d’un point de vue personnel que de vie de groupe. Les intervenants, par leur témoignage, attestent qu’il est possible de s’épanouir dans une vie professionnelle tout en vivant et partageant des valeurs humaines fortes. Il n’y a a priori pas de contradiction entre ces deux éléments.

« Cette session est utile ne serait-ce parce que les participants apprennent à mieux se connaître et appréhendent de plus près la réalité et les exigences de l’entreprise. »

  En quoi cette session est-elle utile dans un parcours de réorientation ?

Elle permet aux étudiants de vivre l’expérience de la gestion de projet et de la création d’une entreprise en équipe, d’analyser et mieux comprendre leur positionnement dans le cadre d’un projet de groupe, de se projeter dans le monde professionnel, d’interroger le statut qu’ils aimeraient avoir (entrepreneur, salarié) et enfin, d’expérimenter leurs compétences (organisation, leadership, communication, etc.). À l’issue de la semaine, ils sont en mesure d’envisager leur avenir professionnel avec de nouveaux éléments. Il s’agit aussi d’apporter aux étudiants une vision différente du monde de l’entreprise (souvent perçu comme  injuste, ne tenant pas compte des individus) tout particulièrement cette année où les étudiants n’auront pas pu faire de stage en milieu professionnel à cause de la crise sanitaire. Cette session est utile ne serait-ce parce que les participants apprennent à mieux se connaître et appréhendent de plus près la réalité et les exigences de l’entreprise.