« Le programme OPEN m’a permis d’oser me lancer dans cette aventure. » 

Que sont-ils devenus ? La parole aux anciens.

« Le programme OPEN m’a permis d’oser lancer dans cette aventure. » 
Jean-Baptiste Guerlesquin
(promo OPEN, 2010-2011)

Ancien du programme OPEN (promo 2010-2011), Jean-Baptiste Guerlesquin est aujourd’hui photographe professionnel. Quels sont ses souvenirs de l’IFF Europe ? Comment a-t-il trouvé sa voie ? Interview.

Ton année à l’IFF Europe t’a-t-elle aidé ?

Beaucoup, car elle m’a permis de reconstruire mon projet de vie personnel et professionnel sur de solides bases. Après un échec en école d’ingénieur, j’avais réellement besoin de faire un point et de prendre du recul sur mes précédentes années. Le programme OPEN a vraiment dépassé toutes mes attentes et m’a apporté beaucoup plus que je ne l’espérais ! Première étape, regagner confiance en soi. Dès lors, tout était possible et imaginable, grâce aux autres. J’ai pu découvrir des personnes extraordinaires que je n’aurais jamais rencontrées autrement et aussi profondément. L’ouverture et la découverte de soi à travers l’autre ont été un des points les plus forts de mon année à l’IFF Europe alors qu’au départ, je n’étais pas venu pour cette raison. Cela m’a relancé sur des rails solides et vrais.

Quel est le meilleur souvenir de ton passage à l’IFF Europe ?

Il est difficile de trouver LE meilleur souvenir tellement ils ont été riches et nombreux. La bonne réponse serait « mon meilleur souvenir est l’année entière ! ». Le premier qui me vient « comme ça », à l’esprit, a eu lieu lors du voyage de solidarité au Bénin. Nous étions partis avec Mayeul Pacory en moto taxi dans des endroits peu accessibles et nous avions rencontré de nombreuses personnes « improbables » : c’était l’inconnue totale et nous ne savions vraiment pas à quoi nous attendre. J’en suis personnellement revenu plus fort sans pouvoir l’expliquer.

« Mon année à l’IFF Europe m’a fait comprendre et m’a prouvé que nous étions tous pleins de ressources inconnues et extraordinaires. »

As-tu trouvé ta voie après ton année OPEN ? Que fais-tu aujourd’hui ?

Après cette année extraordinaire, j’ai suivi des formations dans le domaine de l’éclairage et de l’urbanisme. En parallèle, j’ai développé mon activité de photographe indépendant. J’allie aujourd’hui les deux avec un statut de micro-entrepreneur depuis cinq ans. Mes missions sont assez diverses : ça va de l’élaboration d’une stratégie lumière (grands principes d’éclairage urbain) pour une agglomération, à la réalisation de reportages photo sur des mises en lumière architecturales, tout en passant par un reportage photo de mariage. Je me plais énormément dans ces domaines car j’aime jongler avec mes compétences et avoir affaire à différents types de clients (public/privé, entreprises/particuliers). Le fait d’être indépendant est aussi un point essentiel pour moi car j’aime organiser mon temps comme je le souhaite, et cela me pousse à donner le meilleur de moi-même. Au détriment d’une certaine « sécurité » peut-être, mais cela vaut le coup ! Le programme OPEN m’a permis de découvrir ce côté de moi-même, et d’oser me lancer dans cette aventure.

Comment as-tu vécu le confinement et comment gères-tu la crise liée au coronavirus dans ton métier ?

Le confinement a été l’occasion de passer du bon temps avec mes frères et ma sœur et de découvrir de nouvelles choses comme le jardinage. J’ai eu la grande chance de pouvoir rentrer dans l’Ouest et profiter d’une maison avec jardin. Rester seul dans un appartement de 35m² à Lyon aurait été compliqué. Néanmoins, la crise a un fort impact sur mon activité, notamment de photographe de mariage… Les temps prochains risquent d’être compliqués mais je ne perds pas espoir, je fais confiance en l’avenir, aussi incertain qu’il puisse être. Mon année à l’IFF Europe m’a fait comprendre et m’a prouvé que nous étions tous pleins de ressources inconnues et extraordinaires. Sur ce principe, tout ira bien, et les moments difficiles ne seront jamais perpétuels !

Quels conseils pourrais-tu donner aux étudiants de l’IFF Europe affectés par la crise sanitaire et qui peuvent douter de l’avenir ?

Je pense que cela dépend de chacun et de ses ressources connues ou inconnues. Le plus important est de relire et repenser son année bien que cela prenne du temps (peut-être même plusieurs années). L’expérience « OPEN »,avec ses multiples facettes, est tellement riche ! Quand on extrait de l’or, il faut ensuite le traiter. On trouve alors l’utilité qu’on veut lui donner. Se construire soi-même est essentiel et le début à tout. Ceux qui nous entourent ou nous accompagnent sont une aide précieuse pour cela et l’IFF Europe offre cette possibilité : il ne faut pas attendre pour la saisir ! Une fois cette grande étape de la connaissance de soi réussie, il faut avancer même si nous serons amenés parfois à y revenir. Trouver un travail dans lequel on se sent bien n’est pas chose facile, mais nous avons la chance, aujourd’hui, de pouvoir choisir. La crise sanitaire remet désormais beaucoup de choses sur le tapis : pour construire le monde de demain, il faudra sans doute retourner à des échelles locales et humaines, créant des liens forts et vrais. Comme ce que propose l’IFF Europe, finalement.