EDITO N°3 (LETTRE D’INFO D’AVRIL 2020)

« Que signifie former des nouvelles générations résilientes ? C’est un enjeu qui m’apparait de plus en plus fondamental. »

Le temps se prolonge, plus que nous l’aurions peut-être pensé, en ce temps de pandémie. Nous vivons une situation tellement incroyable… au sens propre : nous n’aurions pas pu le croire !

Je relisais hier les différentes étapes et émotions par lesquelles cette crise me fait passer. Tout d’abord, de l’énergie car il fallait gérer l’urgence (et j’aime ça). Gérer l’urgence pour l’équipe, pour les étudiants, pour ma famille. C’est le premier cercle dont je me suis souciée. Puis peu à peu, la situation est venue me percuter, à force de lectures, de reportages. Ensuite, j’ai ressenti de la colère devant notre fragilité collective, ce colosse aux pieds d’argiles si peu équipé pour réagir. Puis j’ai eu de la douleur pour les personnes seules, pour les familles vivant des situations très complexes, entassées dans des petits appartements. En même temps, j’éprouvais de la joie de voir notre planète souffler, respirer. J’ai aussi trouvé de la paix dans la simple organisation de la vie quotidienne. Je ressens de l’inquiétude face à l’avenir incertain. Et depuis quelques jours, je me sens mobilisée sur cette question : que signifie former des nouvelles générations résilientes ? C’est un enjeu qui m’apparait de plus en plus fondamental.

Yoann, un ancien étudiant, m’écrivait ceci : « C’est intéressant de voir comment un temps de crise tel que nous le vivons permet à chacun de se positionner.  Comme quoi la définition chinoise du mot crise, « une situation entraînant le caractère à s’adapter au danger et à saisir les opportunités », nous dit une part de vérité. C’est à nous seul de choisir l’équilibre que nous voulons lui donner. (…) J’ai l’impression que cette résilience est possible par  ̶  comme tu le dis  ̶   une qualité relationnelle, une vérité dans la relation. On ne fera rien sans l’intelligence collective »

Relire ces étapes et les partager m’a fait du bien. Nommer ce qui aujourd’hui est important pour moi éclaire la route pour préparer la sortie de crise. Et vous ? Quelles émotions vous traversent ? Quelles questions de fond sont les vôtres ? Avec qui pouvez-vous les partager ? C’est l’enjeu … On ne fera rien sans intelligence collective.