Edito d’Agnès Teynié, directrice de l’IFF Europe (n°6 / Septembre 2020)
Edito dAgnès Teynié, directrice lIFF Europe (n°6 Septembre 2020)
Agnès Teynié, directrice de l’IFF Europe

 « Le monde d’après, c’est aujourd’hui qu’il se crée. »

Après la trêve estivale qui a fait grand bien à toutes les équipes, l’IFF Europe est sur le front depuis un bon mois pour l’accueil des nouvelles promotions d’étudiants. L’école est remplie. Quelle joie de repartir dans une activité en présentiel, après l’étrangeté que nous avons vécue entre mars et juin. Nous avons besoin d’être en contact avec les étudiants, la relation est le cœur de notre métier. Même masqués, même avec les contraintes que nous subissons tous, nous goûtons au plaisir de cette reprise.

Lors des rentrées académiques, je faisais la remarque qu’avant l’été, nous entendions beaucoup d’émissions, de questions, sur « le monde d’après ». Comme si ce temps de pause ouvrait l’espace pour que collectivement, nous ouvrions des réflexions fondamentales. Or curieusement, nous n’en entendons pratiquement plus parler. C’est comme si ces questions avaient déserté l’espace médiatique. Pourtant elles demeurent essentielles. Les prendre au sérieux, c’est l’objectif du cycle de conférences proposé à Angers par Fondacio, et auquel nous nous associons. Il s’agit de mieux comprendre notre monde et ses mutations, avec des intervenants tels que Gaël Giraud, Véronique Fayet, chaque premier vendredi du mois à partir de novembre.

Le monde d’après, c’est aujourd’hui qu’il se crée. Antoine de Saint-Exupéry disait : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le permettre ». Le prévoir est impossible par nature, d’autant moins dans un monde marqué par l’entrée en anthropocène*. Le permettre, c’est soutenir de toutes nos forces le vivant, la justice, la justesse, une forme de sobriété de vie. Le travail éducatif qui prend en compte ces enjeux est plus que jamais indispensable, c’est ce à quoi nous œuvrons à l’IFF Europe.

 

*L’anthropocène est l’ère géologique dans laquelle nous sommes entrés, caractérisée par le fait que l’activité humaine impacte les équilibres du système terre. Cf. le livre de Nathanaël Wallenhorst La vérité sur l’anthropocène.