« Avec ces stages, les jeunes ont appris sur eux, ont parfois changé leur regard, ont gagné en ouverture d’esprit et ont pris des initiatives »

Dans l’Hexagone ou à l’étranger, les étudiants de la formation OPEN (Orientation Projet ENgagement) ont fait l’expérience de la solidarité pendant un mois. Anne-Claire Morin, responsable pédagogique  du D.U (bac+1) OPEN, revient sur cet « événement » qui ponctue la formation. Entretien.

Anne-Claire Morin, responsable pédagogique du D.U (bac +1) OPEN
Anne-Claire Morin, responsable pédagogique du D.U (bac +1) OPEN

Les élèves des deux promos du D.U OPEN sont partis en stage 4 semaines (fin janvier-fin février) : pourquoi ?

Anne-Claire Morin : Tout simplement pour leur permettre de vivre une expérience humaine originale, voire unique, où la rencontre de l’autre prime sur tout autre intérêt. Les questions du type : « Qui suis-je ? », « Que vais-je faire de ma vie ? », « Quelle est ma place dans notre société ? » sont très présentes dans la tête de nos élèves et nous proposons à chacun de nombreux temps de réflexion sur soi pendant l’année scolaire. Le stage solidaire est alors une occasion très belle de répondre à certaines de ces questions en s’ouvrant à l’autre et, de façon plus globale, au monde.

Dans quels pays ou organismes sont partis vos étudiants ?

A-C M. : En France, certains ont effectué leur stage au sein d’une communauté de l’Arche, d’autres au sein des Restos du Cœur, d’un ESAT, d’associations d’accueil de migrants, etc. Ceux qui ont servi à l’étranger l’ont fait au sein de l’ONG UJPOD, au Togo, qui œuvre pour le développement éducatif et sanitaire de la région de Lomé, d’autres au Liban, au sein de l’association Anta Akhi qui accueille des personnes en situation de handicap, d’autres encore, dans un orphelinat au Maroc.

Comment ont-ils choisi leur stage ? Les avez-vous accompagnés ou aidés ?

A-C M. : Chaque étudiant définit son projet de stage solidaire en amont en se posant la question du « public » avec lequel il préfèrerait être en contact, du type de structure et du lieu où il souhaiterait travailler, de la finalité du projet la plus adaptée à ses aspirations. Chacun est accompagné dans sa méthodologie de recherche de stage. Les formateurs du D.U OPEN sont présents pour les aider à se présenter et mettre en avant leurs motivations auprès des associations ou ONG, et pour préparer leur CV et leurs lettres de motivations.

Sur place, qu’ont-ils fait et qu’ont-ils appris ?

A-C M. : Sur place, l’enjeu numéro 1 est la rencontre avec ceux qu’accompagnent les associations ou ONG, qu’ils soient migrants, SDF, en situation de handicap ou en réinsertion professionnelle… L’objectif est « d’être avec » plutôt « qu’être pour ». Cela signifie qu’il s’agit d’une expérience de rencontre de l’autre dans sa différence. Avec ces stages, les jeunes ont appris sur eux, ont parfois changé leur regard sur un public, ont gagné en ouverture d’esprit, ont pris des initiatives pour mettre en place des activités dans l’association, etc.

Qu’espérez-vous désormais pour vos étudiants OPEN ?

A-C M. : Qu’ils puissent concrétiser leurs projets ! Que l’expérience solidaire qu’ils viennent de vivre leur donne de l’élan et qu’ils continuent dans cette dynamique d’ouverture à l’autre et aux personnes dans le besoin ! J’espère vraiment que cette expérience leur donnera l’énergie nécessaire pour se lancer activement dans la mise en œuvre de leur projet personnel (projet dont la définition est au cœur de cette année OPEN) !